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Mercredi 17 Mars
20:43
Agir, c'est une création continue...
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Byblos ou l’antique espace….
Nissah
Des mots dans l’échange,
Rassurante hypothèse du possible. Deux présences qui se frôlent Et la décision sans appel. Ce corps déshabillé Comme abandonné au paganisme des traces. L’acte s’écoule Comme une rivière puisée dans l’unicité. Astreeh avait déclenché un cataclysme visuel par sa présence, violente, presque universelle. Les mois se sont écoulés et, doucement, nous sommes arrivés à cet instant. J’appréhendais ce moment, la démarche peu commune faisait peur à la fois au modèle et à moi. Il ne s’agissait pas de créer un être, mais d’habiller une forme. A la différence du photographe, l’œil ici se joint à la main pour sillonner un corps dont on attend qu’il se relâche dans l’oubli. Il faut un désir partagé pour dépasser cette barrière qui différencie la pensée féminine de la pensée masculine. Il faut beaucoup de confiance, un immense respect pour accepter l’impensable. Nos regards ne se sont jamais croisés. Fixés sur la blancheur du plafond, fixés sur la blancheur de sa peau. Le silence bruissant de mille chaos dans l’intime enveloppe du temps qui passe. D’abord une ligne sur la base de la nuque, une ligne dont on mesure l’épaisseur et qui glisse sur l’épaule, puis lentement cascade sur un flanc. Les spirales suivent la sinuosité de cette étendue qui, dans son vivant tremblement, fait écho à la mienne. Mon souffle est suspendu, accroché aux battements de son cœur. Je m’efforce de lire cette route au fur et à mesure qu’elle se grave dans les sillons de sa chair. Ma main s’envole et je reste fasciné par cette échappée. Je compte mentalement l’affolement des pulsations, jusqu’au moment où tout s’apaise. Je vis lentement le calme qui m’envahit à nouveau. Ma voix porte doucement son timbre bas, comme pour accompagner cette trace qui poursuit sa route, Je m’informe de son état d’âme … La communion est là, entre deux pensées qui s’entrechoquent. Nous sommes, ensemble, voués à ces instants d’oubli. Son corps, Mon esprit, L’antre de deux mondes. Le cercle magique souligne un bouillonnant enchevêtrement de saillies. Ici, s’opère le point de départ d’une histoire. La terre malaxée de noir, où pousse l’arbre de vie, irradiant ses ramures feuillues, ensemble constellé aux essences divines. Tout s’illumine et, dans le jour d’une naissance, Byblos en son sein, le cèdre peut s’épanouir dans l’antique espace. Tapi dans sa rondeur, l’éternel serpent ailé, scribe à la langue fourchue qui fouette l’espace de cette chair accueillante. Tu es marquée encore. Et encore demain, tu le seras. A cet instant précis, j’aime. J’aime parce que je suis vivant dans l’instant présent. Le déclenchement d’une fenêtre qui s’ouvre, puis se referme. L’empreinte de toi, de moi, de nous, et la disparition inévitable … Le venin est là, comme une drogue distillée. Je suis en manque … Samedi 8 Août 2009
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